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Fusion/défusion

Samedi 16 mai 2009 6 16 /05 /Mai /2009 20:36
"La fusion amoureuse devient ce remarquable creuset d'illusions qui donne le sentiment que l'autre va combler les carences en Masculin et en Féminin, les frustrations et les privations de son passé. Durant cette période, chacun se montre sous ses meilleurs aspects. Il est le Prince charmant ou elle est la Belle au bois dormant. Mais la gageure ne tient pas longtemps. C'est le désenchantement. La colère liée aux désirs non comblés par le partenaire grandit et prend le pas dans cette danse des dupes. L'un quitte son masque de l'amant qui rendait à l'autre ce sentiment perdu d'unité originelle, pour revêtir celui de l'enfant oublié et aux besoins insatisfaits. Là, il confond son partenaire avec ses parents. Il ne sait pas que sa colère est constituée de la méconnaissance que son compagnon ne peut être pourvu des traits de caractère de ses parents qui auraient dû prendre soin de lui dans son enfance. Chacun doit sortir du sentiment que l'autre doit répondre aux attentes de satisfaction complète rappelant l'unité originelle mère-enfant. Et chacun doit reconnaître dans sa colère l'expression de la douleur des blessures du passé rouvertes par les frustrations inévitables que son partenaire lui fait vivre. Le couple est un véritable révélateur des émotions refoulées de l'enfance et qui doivent trouver guérison autrement que dans l'amour fusionnel."
Laurent Malterre, La guerre des sexes, 2009
Par DS - Publié dans : Fusion/défusion - Communauté : Parlons d'amour
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Mardi 3 mars 2009 2 03 /03 /Mars /2009 21:43
"Une deuxième tension oppose les idéaux souvent assez fusionnels du bonheur conjugal (où tout partager apparaît comme la "méthode" du bonheur) aux conceptions assez individualistes de la personne (où marquer clairement ses droits et son autonomie semble un signe de maturité psychique et un gage de succès relationnel). A cet égard, les historiens nous apprennent qu'une partie de l'histoire moderne de la famille est celle du "repli familial". La sociabilité, d'abord largement extérieure à la famille, se concentre progressivement dans l'univers du ménage ; le repli sur l'espace domestique consolide, par exclusion des autres, l'intimité conjugale ; le développement du "sentiment de l'enfance" vient souder et refermer sur lui-même le groupe conjugal ; les pôles d'attraction urbains extérieurs à la famille (quartiers, cafés, etc.) sont stigmatisés ; la bourgeoisie démarque son destin de celui de la communauté ; enfin, l'amour-passion - ce sentiment "qu'un homme et une femme s'attachent l'un à l'autre au point que chacun d'eux ne peut concevoir de paix, de joie ni de bonheur que pour l'autre ou en fonction de l'autre" (R. Pillorget, La Tige et le Rameau [...]) -, d'abord perçu comme incompatible avec l'état de mariage, en devient peu à peu la bannière. Tous ces éléments constituent un schème culturel qui assimile repli conjugal fusionnel et bonheur [...]. Mais en même temps, et avec force depuis le XVIIIe siècle, l'idéologie insiste sur les droits de l'individu, exalte son devoir d'autonomie, l'installe comme principe et fin de toute socialité.
La confrontation de ces deux schèmes culturels fait que l'établissement de la "bonne distance", si indispensable à la cohésion de groupe, se révèle alors souvent conflictuel et fragile. De même peut-on estimer avec Askham (J. Ashkam, Identity and Stability in Marriage) que le souci de sécurité/stabilité, tant dans la vie sociale que dans la relation, entre souvent en conflit avec l'aspiration à l'identité, entendue comme expression d'une authenticité/autonomie valorisant l'innovation et le changement."
Jean Kellerhals, Eric Widmer, René Levy, Mesure et démesure du couple, 2004
Par DS - Publié dans : Fusion/défusion
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Mercredi 23 juillet 2008 3 23 /07 /Juil /2008 14:26
"Pourquoi aime-t-on ? Pourquoi et comment peut-on aimer quelqu'un d'autre que soi-même ? Woody Allen dit que la masturbation est la seule circonstance où on fasse l'amour à quelqu'un que l'on aime vraiment. Ce qui n'est pas évident, car il n'est pas sûr que l'on n'ait que de l'amour pour soi. Mais il est vrai que l'amour aspire à l'unification, à faire un avec l'autre, c'est-à-dire à annuler, à méconnaître l'obstacle, la limite que constitue son altérité".
Alain Vanier, "L'indifférence des sexes, c'est l'amour", in Jacques André et al., Les sexes indifférents, 2005
Par DS - Publié dans : Fusion/défusion
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Samedi 26 avril 2008 6 26 /04 /Avr /2008 09:35
"... chaque fois que nous sommes en relation avec l'autre, nous mettons en acte notre désir de ne pas nous annuler dans l'autre. Nous voulons être avec l'autre, mais en même temps, pour sauvegarder notre individualité, nous voulons ne pas l'être complètement. D'où cette façon d'être présent et de ne pas être présent, d'être là et de ne pas être là, de rechercher l'autre et de le trahir, toutes manières d'être qui sont indissociables de la relation amoureuse. Parce que l'amour est une relation, non une fusion. Et, en effet, si nous n'existions pas comme individualités autonomes, non seulement nous ne pourrions pas rencontrer l'autre et entrer en relation avec lui, mais nous n'aurions même rien à raconter à un autre qui serait entré en fusion symbiotique avec nous".
Umberto Galimberti, Qu'est-ce que l'amour ?, 2004
Par DS - Publié dans : Fusion/défusion
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Samedi 20 janvier 2007 6 20 /01 /Jan /2007 09:35
"Le couple fusionnel est un couple clos sur lui-même, un couple-étouffoir, un couple-prison, selon les multiples qualificatifs qui lui ont été donnés. Le conjoint le plus mature le vit consciemment mal tandis que le plus infantile se raccroche à la présence de l'autre comme une dernière planche de salut : "On s'est connu très jeunes, cela fait vingt-deux ans que l'on vit ensemble, raconte Alain, quarante-cinq ans, et aujourd'hui, je n'ai plus envie de vivre en permanence avec mon épouse. Or le problème, c'est qu'elle ne comprend pas et que si je ne suis pas là, elle est très mal. Elle répète sans arrêt qu'on n'a plus d'avenir, que sa vie n'a plus de sens." C'est la première fois qu'Alain peut venir consulter seul, son épouse n'ayant jamais accepté jusqu'alors qu'il se déplace sans elle. "Elle ne supporte pas que je fasse quelque chose seul. Je suis passionné de voile, mais je n'ai jamais pu partir seul. Elle n'aime pas ça, mais s'oblige à venir avec moi. On ne peut pas se séparer, mais ensemble on se fait du mal. Je me rends compte que je la rends malheureuse et ça me rend malheureux." Les paradoxes de la double contrainte éclatent avec évidence dans le couple fusionnel clos, aux autres et à la vie. Il ne dure qu'au prix des résignations de l'un ou des deux, des frustrations et du refoulement des pulsions qui s'inscrivent souvent dans le corps sous forme de maladie psychosomatique, ce pourquoi Alain venait consulter.

Le mariage clos a été décrit par Nena et George O'Neill comme une union dans laquelle la règle est de partager les mêmes amis, d'abandonnner ceux que l'un ne peut supporter, d'avoir les mêmes loisirs, de devancer les désirs de l'autre, de soigner et de consoler le conjoint "et de ne jamais se sentir attiré par une autre personne (N. O'Neill et G. O'Neill, Le mariage open, Montreal, Select, 1976, cité par Serge Chaumier, La déliaison amoureuse, Paris, Armand Colin, 1999)". Cette union est viable si les deux conjoints restent dans la dépendance infantile toute leur vie et si le milieu familial est suffisamment capable de contenir et d'étouffer leurs désirs d'évolution."
Philippe Brenot, Inventer le couple, 2001
Par DS - Publié dans : Fusion/défusion
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