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Dimanche 28 février 2010 7 28 /02 /Fév /2010 19:08
marcelli enfant chef famille "Chaque adulte attend de son enfant une relation affective profonde, véritable, dénuée d'ambivalence et d'ambiguïté, toujours confiante et pleine d'amour. Or frustrer un enfant, c'est prendre le risque de voir un froncement de sourcils sur son visage (signe d'un désagrément et d'un mouvement de retrait chez le jeune enfant), une moue de désapprobation, des yeux qui s'humidifent et enfin un regard qui se détourne, symptôme d'un désangagement relationnel. Quelques mois plus tard, lorsque ce même enfant commence à parler, il ne se privera pas d'ailleurs devant un refus parental de dire : "T'es vilaine, maman !" "T'es méchant, papa !" ou encore : "J't'aime plus !", pour conclure par : "J'vais demander à maman [ou papa] !"... Cette menace, cette rivalité subtilement instaurée entre les deux parents, tout ce dont les enfants apprennent très vite à jouer avec une adresse remarquable, peuvent être insupportables pour beaucoup de parents. D'autant plus insupportable que de façon non exceptionnelle père et mère se sont installés dans une rivalité mimétique. Elever un enfant à trois, un père, une mère, un enfant, demande, exige un minimum de différenciation entre les personnes pour ne pas s'installer dans le redoutable conflit de deux contre un, et cette différenciation semble ne pouvoir passer que par l'expérience de la frustration, par le développement de la capacité d'attendre. Certes cette frustration doit être à la juste mesure de ce que l'enfant peut supporter compte tenu de son âge et de la nature de la privation : là aussi, c'est affaire de bon sens et d'expérience. Mais chaque parent doit prendre le risque d'un désamour temporaire de son enfant, à travers lequel celui-ci fera l'expérience d'une limite. Il fera aussi l'expérience qu'après avoir attendu, la satisfaction peut arriver : elle n'en est pas moins bonne, de même qu'on peut désaimer temporairement quelqu'un sans pour autant le haïr toute sa vie."
Daniel Marcelli, L'enfant, chef de la famille, 2003
Par David Simard - Publié dans : Amour parental
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