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Au
début des années 90 naissait internet, avec l’apparition du premier navigateur web en 1993. Moins de 10 ans plus tard, en 2001, les sites de rencontres amoureuses et sexuelles voient le jour
(Meetic, Easyrencontre, Parship…). Ceux-ci comptent plusieurs dizaines de millions d’inscrits à travers le monde. Les forums de discussion et réseaux sociaux sont également des outils utilisés
pour faire des rencontres.
Les développements
technologiques conduisent à de nouveaux comportements. C'est le cas avec l'essor des téléphones portables et d'internet. Se pose alors la question de savoir si ces nouveaux comportements se
rapportent à des comportements déjà connus, comme l'infidélité à propos du tchat "chaud". Autrement dit, ces comportements sont-ils si nouveaux que cela, ou ne constituent-ils qu'une nouvelle
forme, rendue possible par de nouveaux outils, de types de comportement déjà connus ? Les utilisateurs de ces outils pour tchater érotiquement avec une autre personne que leur conjoint ont
tendance à considérer qu'ils ne sont pas infidèles, tandis que les conjoints se sentent trahis. Alors, qu'en est-il ?
"Chaque adulte attend de son
enfant une relation affective profonde, véritable, dénuée d'ambivalence et d'ambiguïté, toujours confiante et pleine d'amour. Or frustrer un enfant, c'est prendre le risque de voir un froncement de
sourcils sur son visage (signe d'un désagrément et d'un mouvement de retrait chez le jeune enfant), une moue de désapprobation, des yeux qui s'humidifent et enfin un regard qui se détourne,
symptôme d'un désangagement relationnel. Quelques mois plus tard, lorsque ce même enfant commence à parler, il ne se privera pas d'ailleurs devant un refus parental de dire : "T'es vilaine, maman
!" "T'es méchant, papa !" ou encore : "J't'aime plus !", pour conclure par : "J'vais demander à maman [ou papa] !"... Cette menace, cette rivalité subtilement instaurée entre les deux parents, tout
ce dont les enfants apprennent très vite à jouer avec une adresse remarquable, peuvent être insupportables pour beaucoup de parents. D'autant plus insupportable que de façon non exceptionnelle père
et mère se sont installés dans une rivalité mimétique. Elever un enfant à trois, un père, une mère, un enfant, demande, exige un minimum de différenciation entre les personnes pour ne pas
s'installer dans le redoutable conflit de deux contre un, et cette différenciation semble ne pouvoir passer que par l'expérience de la frustration, par le développement de la capacité d'attendre.
Certes cette frustration doit être à la juste mesure de ce que l'enfant peut supporter compte tenu de son âge et de la nature de la privation : là aussi, c'est affaire de bon sens et d'expérience.
Mais chaque parent doit prendre le risque d'un désamour temporaire de son enfant, à travers lequel celui-ci fera l'expérience d'une limite. Il fera aussi l'expérience qu'après avoir attendu, la
satisfaction peut arriver : elle n'en est pas moins bonne, de même qu'on peut désaimer temporairement quelqu'un sans pour autant le haïr toute sa vie."
"Les problématiques narcissique et
fusionnelle sont intimement liées. Etablir un lien fusionnel, c'est se donner l'illusion d'être suffisamment aimable pour être accueilli dans le territoire affectif d'une autre personne. En ce
sens, le lien fusionnel a une valeur narcissisante. Au contraire, la rupture du lien fusionnel risque de porter atteinte au narcissisme de celui qui est abandonné. L'insupportable, dans l'abandon,
n'est pas tant la perte de la personne aimée que la discontinuité narcissique que cela provoque. Etre abandonné, cela signifie ne plus être aimable, d'où l'infléchissement narcissique et la
position dépressive qui en découlent habituellement. Les personnes narcissiquement vulnérables auront plus de difficultés et, à la limite, seront incapables d'établir une intimité affective par
crainte de l'abandon et de la blessure narcissique qui peut en résulter. Dans les cas où la carence narcissique est majeure, cet abandon sera davantage anticipé et confirmera tout simplement
l'impression de nullité. La personne ayant un sentiment de vide narcissique ne peut tolérer d'être aimée, précisément parce qu'elle se sent inapte à aimer, à rendre la réciproque ; elle mettra en
oeuvre des conduites d'échec pour être rejetée, abandonnée."
"La valeur est une notion clé pour la compréhension du narcissisme ; il
ne s'agit pas d'une valeur exprimant une estimation objective et qui peut être étalonnée, mais exactement du contraire, de la valeur en soi, sans support aucun et qui n'est liée à aucun mérite ou
qualité, le foetus ne conaissant ni l'un ni l'autre : "je suis celui qui suis" ; dans chacun de nous vit un narcissique qui veut être aimé pour soi et non pour ses mérites, voire pour ses qualités,
dont il peut cependant (de surcroît) être fier. Dans notre pratique analytique, nous rencontrons souvent des narcissiques qui veulent être aimés malgré leurs défauts et qui, selon
l'expression de Germaine Guex ("La névrose d'abandon") "mettent à l'épreuve pour avoir la preuve". Il est vrai que la quête d'être aimé sur ce mode, c'est-à-dire le besoin d'apport narcissique du
dehors, est déjà un signe de trouble de l'équilibre narcissique, car le narcissique "pur" est en parfait équilibre avec soi-même et n'en a pas besoin ; il s'agit, bien entendu, d'un mécanisme
typiquement narcissique qu'on ne doit pas confondre avec la quête objectale génitale, laquelle se déroule dans le registre pulsionnel".